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Biographie

La musique a toujours été là pour Oriane Lacaille. Depuis sa petite enfance, elle la partage, la joue, la chante et la danse partout. Oriane se dit «Zoréol» (métisse d’un parent français de métropole et d’un parent créole réunionnais). Son père, René Lacaille est une des figures incontournables de la culture réunionnaise. Il a su nourrir sa famille de rougail et de séga, de cari et de maloya ! Oriane, née en 1986, est tombée dans la marmite, sa potion magique est le groove, la maîtrise de la danse ternaire, celle qui décale l’oreille européenne à l’envers. Elle grandit dans le pays froid (péï la fré en créole) –dans les Alpes- mais chez les Lacaille, dès qu’on passait la porte de la cuisine c’était les tropiques. Tandis que l’accordéon de René cascadait en notes, sa mère Odile se passionnait des mots. Dès son plus jeune âge elle ne cesse d’écouter et joue avec son frère les chansons d'Alain Peters, qui sont toujours une forte inspiration pour elle. Jusqu’à l’âge de 20 ans elle ne chante qu’en créole alors qu’elle grandit en France métropolitaine. Elle accompagne son père en faisant de la musique réunionnaise, elle-même mêlée et teintée de jazz, de musiques caribéennes, africaines et de toutes les musiques de bal traditionnel. Oriane monte sur scène à l’âge de 13 ans, quand elle accompagne son père dans ses tournées. La scène, c’est comme à la maison, c’est un truc de famille. C’est ce qu’ils font, les Lacaille, ou en tout cas les hommes, car pour les générations précédentes, les femmes n’y avaient pas accès. Rebelles, sa grand-mère et ses tantes se volaient le droit de jouer de la percussion, contournant ainsi les interdits et les carcans. Oriane monte sur scène sans interdit. Elle a pour elle la chance et le combat des anciennes et nouvelles générations, elle exerce le privilège de se concentrer uniquement sur la musique. Après la musique sont venues l'écriture et la poésie, l’héritage de sa mère. Pour les deux albums de son duo avec Coline Linder, Titi Zaro, Oriane se met à écrire en créole et en français. Plus récemment elle fonde Bonbon Vodou avec Jerem Boucris et renforce le mélange de ses «savoirs franco-créoles»: les rythmes, les mots, les mélodies... Oriane compose avec ses ukulélés ou son takamba (appelé aussi aouicha, c'est une guitare d'origine gnawa arrivée à la Réunion dans les années 70/80 et jouée par AlainPeters). Ses chansons sont écrites à la fois en français et créole. Son chant passe de l'un à l’autre comme s'il ne s'agissait que d'une langue métisse qui lui appartiendrait. Elle choisit de«mixer» toujours les deux langues afin de créer une poésie bilingue, joueuse, où les mots ont la part belle.Ses textes sont toujours au plus proche de ses ressentis et parlent tour à tour d'amour, de la féminité, de la maternité, de migrations, d'esclavage, de violences domestiques, ou racontent parfois ses rêves, qui sont une part importante de sa vie. Sa voix pure et douce est porteuse d'une puissance ancestrale qui transporte et émerveille. Oriane joue ses chansons sur scène en trio avec Héloïse Divilly (batterie, chant) et Yann-Lou Bertrand (contrebasse, trompette, chant). Trois humanités, trois voix, trois énergies en harmonie. Ces artistes au diapason nous font tantôt chalouper, tantôt vibrer, tantôt partir en transe, toujours avec amour et bienveillance.

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